
Yann Le Dantec
Ma première tendinite d'Achille, j'avais vingt-six ans et un dossard pour le marathon de Nantes trois semaines plus tard. J'ai tout fait de travers : repos complet, puis reprise à fond, puis re-repos. Le dossard est resté dans un tiroir. Depuis, j'entraîne des coureurs amateurs — des gens qui ont un travail, des enfants, et trois créneaux par semaine — et la moitié de mon métier consiste à leur éviter mes erreurs : le genou qui tire à la descente, la voûte qui brûle au réveil, la crampe du mollet au trentième kilomètre. Ce que je leur fais faire, je l'écris ici tel quel.


