Les varices concernent environ 20 à 35 % des adultes et ne relèvent pas toutes d’une chirurgie classique. Laser, radiofréquence, mousse ou stripping diffèrent surtout par l’anesthésie, les suites et le délai de reprise.
Opération des varices : marchez 10 minutes maintenant, puis privilégiez une technique endoveineuse
En attendant le bilan veineux ou l’intervention, le geste utile reste la marche. Elle active la pompe musculaire du mollet et limite la stagnation du sang dans les veines superficielles. Elle ne supprime pas la varice, mais réduit souvent la tension et la sensation de jambe lourde.
- Marchez pendant 10 minutes, à une allure régulière.
- Debout, montez sur la pointe des pieds 20 fois, en gardant un appui stable.
- Allongez-vous et surélevez les jambes de 15 à 20 cm pendant 15 minutes.
- Répétez cette séquence 2 à 3 fois par jour, surtout après une station assise ou debout prolongée.
Le parti pris est clair : lorsqu’une grande veine superficielle présente un reflux accessible, le laser endoveineux ou la radiofréquence sont généralement préférés au stripping. Ces techniques ferment la veine de l’intérieur, sous anesthésie locale, sans l’arracher. Le choix final repose sur l’écho-Doppler, le diamètre de la veine, son trajet et les antécédents médicaux.
Après un traitement endoveineux, la gêne commence habituellement à reculer en 2 à 7 jours. Les ecchymoses et les tiraillements persistent souvent 2 à 3 semaines. Pour soulager les symptômes avant le rendez-vous, consultez aussi les gestes consacrés aux jambes lourdes.
Le signal
Une seule jambe brutalement gonflée, rouge, chaude et douloureuse impose un avis médical le jour même. Un essoufflement soudain, une douleur thoracique ou un malaise justifient d’appeler immédiatement les secours. Après une intervention, une perte de sensibilité, une fièvre supérieure à 38 °C ou un saignement qui traverse le pansement nécessitent aussi un contact rapide avec l’équipe qui vous a traité.
Pourquoi fermer une veine malade ne bloque pas la circulation
Une varice correspond à une veine superficielle dilatée dont les valvules ne remplissent plus correctement leur rôle. Le sang redescend vers la cheville au lieu de remonter efficacement vers le cœur. Ce reflux entretient la dilatation, les lourdeurs, les démangeaisons, l’œdème et parfois des modifications cutanées.
Fermer ou retirer cette veine ne prive pas la jambe de sa circulation. Le réseau veineux profond assure l’essentiel du retour sanguin. Le sang est redirigé vers des veines fonctionnelles après vérification de leur perméabilité à l’écho-Doppler.
Une intervention est discutée devant des douleurs répétées, un gonflement, une inflammation veineuse superficielle, un saignement, une atteinte cutanée ou un ulcère. Une gêne esthétique isolée relève d’une discussion distincte, notamment concernant la prise en charge financière. Le dossier sur les varices et leurs traitements aide à replacer l’intervention parmi les autres solutions.
Quelles sont les 4 techniques d’opération des varices ?
| Technique | Anesthésie habituelle | Principe | Reprise courante | Suites dominantes |
|---|---|---|---|---|
| Laser endoveineux | Locale tumescente | Une fibre chauffe la paroi et ferme la veine | Marche immédiate, travail sous 1 à 3 jours | Tiraillement, ecchymoses, induration temporaire |
| Radiofréquence | Locale tumescente | Un cathéter délivre une chaleur contrôlée par segments | Marche immédiate, travail sous 1 à 3 jours | Sensibilité le long du trajet traité |
| Échosclérothérapie à la mousse | Sans anesthésie ou anesthésie locale ponctuelle | Une mousse sclérosante irrite la paroi et ferme la veine | Activités courantes le jour même ou le lendemain | Induration, pigmentation, inflammation locale |
| Stripping chirurgical | Générale ou locorégionale | La veine saphène est retirée à l’aide d’une sonde | Travail sous 7 à 21 jours | Douleurs, hématomes, cicatrices courtes |
Le laser endoveineux traite la veine par la chaleur
Le médecin introduit une fibre très fine dans la veine sous contrôle échographique. Une solution anesthésiante est injectée autour du vaisseau. Cette anesthésie tumescente protège les tissus voisins, comprime la veine autour de la fibre et limite la douleur.
La chaleur entraîne la fermeture progressive de la veine. Le geste dure souvent 30 à 60 minutes et se déroule en ambulatoire. Les taux d’occlusion anatomique dépassent généralement 90 % à un an pour les troncs saphènes adaptés à cette technique.

La radiofréquence chauffe la veine par segments
La radiofréquence suit le même principe général que le laser. Un cathéter chauffe successivement de courtes portions de veine. L’intervention se déroule également sous anesthésie locale tumescente, avec un guidage échographique permanent.
La marche reprend juste après le geste. Une sensation de cordon ou de tiraillement apparaît parfois entre le 3e et le 10e jour, lorsque la veine traitée se rétracte. Cette sensation régresse en quelques semaines.
La mousse sclérosante évite l’incision
L’échosclérothérapie consiste à injecter un produit sclérosant sous forme de mousse. Le contact avec la paroi veineuse déclenche sa fermeture. La séance dure généralement 15 à 30 minutes. Elle convient notamment à certaines veines tortueuses, récidivantes ou difficiles à traiter avec une fibre thermique.
Son caractère léger ne signifie pas qu’elle est anodine. Une pigmentation brune, une inflammation superficielle ou une induration du trajet sont fréquentes. Le taux de réouverture à moyen terme est supérieur à celui des techniques thermiques sur les grosses veines saphènes. Plusieurs séances sont parfois programmées dès le départ.

Le stripping retire physiquement la veine
Le stripping reste indiqué lorsqu’une technique endoveineuse n’est pas adaptée au trajet veineux ou lorsqu’un geste chirurgical associé est nécessaire. La saphène est retirée à l’aide d’une sonde introduite par de petites incisions. Des phlébectomies retirent aussi les branches visibles par des ouvertures de quelques millimètres.
Les hématomes sont plus étendus qu’après laser ou radiofréquence. La douleur demande souvent une prise en charge antalgique pendant plusieurs jours. La marche débute le jour même, mais les efforts soutenus et le port de charges attendent généralement 2 à 3 semaines.
Quel bilan précède une opération des varices ?
L’écho-Doppler veineux constitue l’examen central. Il cartographie les veines superficielles et profondes, mesure le reflux et repère le point où les valvules deviennent inefficaces. L’examen se déroule souvent debout pour reproduire la pression exercée dans la jambe.
Le spécialiste vérifie aussi les traitements en cours, les allergies, les antécédents de thrombose, la grossesse, les troubles de la coagulation et les opérations antérieures. N’arrêtez jamais seul un anticoagulant, un antiagrégant ou un traitement hormonal. Le médecin donne une consigne écrite avec une date précise d’arrêt ou de maintien.
Avant une anesthésie générale ou locorégionale, une consultation d’anesthésie est organisée. Pour une anesthésie locale isolée, le protocole est plus court. Une sédation impose néanmoins de ne pas conduire pendant 24 heures.
Comment se passent les suites de l’opération des varices ?
Après laser, radiofréquence ou mousse, marchez 10 à 20 minutes avant de quitter le centre, puis 30 minutes par jour durant la première semaine. Évitez l’immobilité prolongée. Lors d’un trajet assis, levez-vous au moins toutes les 60 minutes.
La compression est prescrite avec une durée précise. Un protocole courant associe 24 à 48 heures en continu, puis un port en journée pendant 5 à 7 jours. Après stripping ou phlébectomies étendues, le port atteint souvent 1 à 3 semaines. La prescription de l’opérateur prime, car elle tient compte du geste réalisé.
En pharmacie, demandez une contention à la bonne classe, à la bonne hauteur et prise sur des mesures réalisées le matin. La classe 2 correspond à une pression de 15,1 à 20 mmHg selon la classification française. En 2026, une paire de chaussettes, bas ou collants de contention se situe généralement entre 25 et 60 € avant remboursement, avec un prix variable suivant la forme et la matière.
Pour les hématomes, le froid s’applique à travers un linge pendant 10 minutes, jusqu’à 4 fois par jour durant les premières 48 heures. Ne posez jamais la poche froide directement sur la peau. Le repère entre chaleur et froid est détaillé dans le guide chaud ou froid.
Pour la douleur, demandez au pharmacien un antalgique compatible avec vos traitements, vos allergies et vos antécédents. Un anti-inflammatoire ne s’ajoute pas spontanément après une intervention : le chirurgien ou le pharmacien vérifie le risque de saignement, les troubles digestifs et la fonction rénale.
Le signal
Une douleur qui augmente après le troisième jour, un mollet qui gonfle nettement, une rougeur qui s’étend, une plaie qui coule ou une fièvre imposent de contacter l’opérateur. Une petite induration sur le trajet traité est habituelle ; une jambe entière tendue, rouge et chaude ne l’est pas.
Quand reprendre le travail, le sport et la conduite ?
Après laser, radiofréquence ou mousse, un travail de bureau reprend habituellement en 1 à 3 jours. Un métier debout, avec port de charges ou piétinement prolongé, demande souvent 3 à 7 jours. Après stripping, l’arrêt atteint généralement 7 à 21 jours.
La marche reste autorisée dès le jour du traitement. Le vélo doux reprend après 3 à 7 jours. La course, la musculation lourde et les sports avec impacts attendent 10 à 15 jours après une technique endoveineuse et environ 3 semaines après un stripping, sauf consigne différente de l’opérateur.
La conduite reprend lorsque vous marchez sans boiter, freinez fortement sans douleur et ne prenez plus de traitement altérant la vigilance. Après une anesthésie générale ou une sédation, respectez au minimum 24 heures sans conduire.
Comment suivre l’évolution sans minimiser une complication ?
Notez chaque soir la douleur sur 10, le tour de cheville, l’étendue des ecchymoses, la température et la durée de marche. Une douleur qui passe de 5/10 à 2/10 en quelques jours suit une évolution rassurante. Une douleur qui grimpe de 3/10 à 7/10 demande un appel médical.
Le carnet de douleur permet de présenter des données datées lors du contrôle. Un écho-Doppler de surveillance est souvent réalisé dans les jours ou semaines suivant un traitement endoveineux afin de confirmer la fermeture de la veine et l’absence de thrombose profonde.
Au comptoir, apportez l’ordonnance, le compte rendu opératoire et la liste de vos traitements. Demandez la classe exacte de contention, une vérification des mesures, un conseil d’enfilage et un antalgique compatible. Cette préparation évite les erreurs de taille et les associations de produits inadaptées.




