Un genou sain atteint environ 135° de flexion, mais quelques degrés perdus suffisent à gêner la marche, la course ou l’accroupissement. Une douleur à l’arrière du genou réclame d’abord une mise au repos ciblée, puis une lecture précise des signes associés pour écarter une urgence vasculaire.
Douleur derrière le genou : réduisez la charge pendant 48 heures
Le parti pris est simple : ne forcez pas l’étirement et ne cherchez pas à courir pour tester. Pendant 48 heures, retirez les mouvements qui réveillent la douleur : course, côtes, descentes, squats profonds, fentes et port de charges lourdes. Marchez uniquement si vous ne boitez pas.
- Allongez-vous sur le dos, la jambe posée et le genou légèrement fléchi sur une serviette roulée. Gardez cette position pendant 5 minutes.
- Pliez puis tendez lentement le genou dans une amplitude confortable. Faites 10 répétitions, 3 fois par jour, sans rebond ni compression forcée.
- Si la douleur est apparue après un effort récent ou si le genou paraît gonflé, appliquez du froid enveloppé pendant 10 à 15 minutes, jusqu’à 4 fois par jour. Le guide pour choisir entre chaud et froid aide à ajuster ce geste.
- Surélevez la jambe pendant 15 minutes si le genou gonfle en fin de journée. Le mollet reste libre, sans coussin dur directement sous le creux poplité.
Ce protocole calme la contrainte mécanique sans immobiliser totalement l’articulation. Le mouvement doux entretient la flexion et l’extension, tandis que l’arrêt temporaire de la course évite d’entretenir une irritation tendineuse, musculaire ou articulaire.
Une gêne liée à une surcharge commence généralement à reculer en 3 à 7 jours. Si la douleur reste identique après 7 jours, empêche l’appui ou limite nettement l’extension, prenez rendez-vous avec un médecin ou un kinésithérapeute. Le dossier consacré à la douleur au genou permet aussi de situer les autres zones douloureuses.
Le signal : ne massez pas et ne chauffez pas une jambe devenue soudainement gonflée, rouge et chaude, surtout si un seul côté est touché. Une douleur du mollet ou derrière le genou associée à ces signes impose une évaluation médicale urgente pour écarter une phlébite. En présence d’un essoufflement brutal, d’une douleur thoracique ou d’un malaise, appelez immédiatement le 15 ou le 112.
Quelles sont les 7 causes possibles d’une douleur derrière le genou ?
Le creux situé derrière le genou réunit des tendons, des muscles, la capsule articulaire, des nerfs et des vaisseaux. La localisation exacte, le contexte d’apparition et le gonflement orientent davantage que l’intensité seule. Aucun test réalisé chez soi ne suffit à poser un diagnostic.
| Cause envisagée | Signes caractéristiques | Geste immédiat |
|---|---|---|
| Kyste poplité | Boule ou tension derrière le genou, flexion limitée | Réduire la charge et éviter l’accroupissement profond |
| Tendon du poplité | Douleur postéro-externe, surtout en descente | Arrêter côtes et descentes pendant 7 jours |
| Tendon distal des ischio-jambiers | Douleur interne ou externe après accélération | Éviter sprint et étirement intense |
| Muscle gastrocnémien | Douleur à la poussée du pied ou sur la pointe | Marcher sans boiter et suspendre la course |
| Ménisque, partie postérieure | Douleur en flexion, accrochage ou blocage | Éviter pivots et flexion profonde |
| Ligament croisé postérieur | Douleur après choc sur le tibia ou chute genou plié | Faire évaluer le genou rapidement |
| Thrombose veineuse profonde | Gonflement unilatéral, chaleur, rougeur, mollet sensible | Consulter en urgence, sans massage |
1. Le kyste poplité forme une tension dans le creux du genou
Le kyste poplité, aussi appelé kyste de Baker, correspond à une poche remplie de liquide articulaire. Il accompagne souvent une irritation interne du genou, notamment une atteinte méniscale ou de l’arthrose. La sensation ressemble à une balle souple ou à une pression qui augmente quand le genou se plie complètement.
Ne tentez pas de percer ni d’écraser cette masse. Réduisez les flexions au-delà de 90° pendant 7 jours et faites contrôler tout gonflement persistant. Une rupture du kyste provoque une douleur brutale descendant dans le mollet et ressemble parfois à une phlébite : un examen médical devient alors nécessaire.
2. La tendinite du poplité se réveille souvent en descente
Le poplité est un petit muscle profond placé à l’arrière et sur le côté externe du genou. Il participe au déverrouillage de l’articulation et contrôle la rotation du tibia. Chez les coureurs que j’accompagne, sa douleur apparaît surtout après une hausse du dénivelé, une séance rapide ou plusieurs kilomètres courus en descente.
Retirez les descentes et les virages serrés pendant 7 à 10 jours. Sur terrain plat, reprenez seulement lorsque 30 minutes de marche restent indolores. Une cadence augmentée de 5 % réduit souvent l’allongement excessif de la foulée, sans chercher une cadence universelle de 180 pas par minute.
3. Le tendon distal des ischio-jambiers souffre après les accélérations
Les tendons des ischio-jambiers se fixent près de l’arrière du genou. Une douleur interne oriente vers la zone du semi-membraneux ou du semi-tendineux. Une douleur plus externe suit parfois le tendon du biceps fémoral. Les sprints, les changements d’allure et les séances menées avec une fatigue musculaire élevée constituent des déclencheurs fréquents.
Durant les 72 premières heures, évitez de tirer fortement sur l’arrière de la cuisse. Un étirement agressif entretient la sensibilité du tendon. Quand la marche et l’escalier sont indolores, tenez un étirement léger pendant 20 secondes, deux fois, une fois par jour. Utilisez le minuteur d’étirement pour ne pas prolonger la tension.
4. Une lésion du gastrocnémien donne une douleur entre genou et mollet
Le gastrocnémien traverse le genou avant de rejoindre le tendon d’Achille. Sa partie haute travaille lors de la poussée, des montées et des accélérations. Une douleur apparue sur un départ rapide, avec sensation de claquement ou de coup reçu, impose l’arrêt immédiat de la séance.
Ne reprenez pas la course tant que vous ne réalisez pas 20 montées lentes sur la pointe des deux pieds sans douleur. Une simple crampe au mollet se relâche en quelques minutes et ne laisse pas de douleur localisée durable. Une douleur musculaire qui persiste à la marche mérite un bilan.

5. Le ménisque postérieur fait mal en flexion et en rotation
La partie arrière d’un ménisque subit une forte compression lors d’un squat profond, d’un agenouillement ou d’un pivot sur pied bloqué. La douleur se situe à l’interligne du genou plutôt qu’au centre du creux. Un gonflement retardé, apparu quelques heures après l’effort, renforce cette orientation.
Pendant une semaine, limitez la flexion à l’angle qui reste confortable et supprimez les pivots. Un craquement isolé n’est pas une urgence. En revanche, un genou bloqué qui ne se tend plus complètement exige un examen rapide, sans forcer manuellement l’extension.
6. Le ligament croisé postérieur est concerné après un choc
Le ligament croisé postérieur freine le recul du tibia. Il est exposé lorsqu’un choc frappe l’avant du tibia avec le genou plié, lors d’une chute directe sur le genou ou d’un accident en voiture. La douleur postérieure s’accompagne parfois d’un gonflement et d’une sensation d’instabilité dans les escaliers.
Après ce mécanisme, arrêtez le sport et faites évaluer le genou dans les 24 à 48 heures. N’essayez pas de vérifier vous-même le déplacement du tibia. Une perte d’appui, une déformation ou un gonflement très rapide justifie une consultation le jour même.
7. La phlébite est la cause à ne pas manquer
Une thrombose veineuse profonde correspond à la formation d’un caillot dans une veine. Le risque augmente après une immobilisation, une opération récente, un trajet prolongé, une grossesse, certains traitements hormonaux ou un antécédent de thrombose. La douleur siège dans le mollet, derrière le genou ou plus haut dans la cuisse.
La différence de volume entre les jambes, la chaleur et la rougeur comptent davantage qu’un test artisanal. Ne pressez pas le mollet et ne multipliez pas les flexions de cheville pour vérifier la douleur. Une suspicion de phlébite demande une évaluation médicale urgente et, si le professionnel la juge nécessaire, une échographie veineuse.
Quels signes associés à une douleur derrière le genou imposent de consulter ?
Consultez le jour même lorsque le genou devient très gonflé en quelques heures, qu’une fièvre apparaît, que la peau rougit ou que l’appui devient impossible. Une douleur qui réveille chaque nuit, sans lien clair avec un mouvement, doit aussi être examinée.
Le signal : une perte de force du pied, un engourdissement progressif, une déformation, un blocage complet du genou ou une seule jambe gonflée, rouge et chaude ne relèvent plus des soins à domicile. Après un traumatisme, l’impossibilité de faire quatre pas impose également une évaluation rapide.
Une consultation programmée suffit lorsque la douleur diminue mais reste présente au-delà de 7 jours, revient à chaque sortie ou limite encore l’amplitude après deux semaines. Un professionnel examine alors la mobilité, les tendons, la stabilité et la circulation. L’imagerie n’est pas automatique : elle répond à un signe clinique ou à un traumatisme précis.
Comment reprendre la course sans réveiller la douleur derrière le genou ?
La reprise commence lorsque la marche rapide, les escaliers et 10 demi-squats jusqu’à 60° restent indolores. Attendez également que le gonflement ait disparu et que l’extension du genou soit identique à celle de l’autre côté.
- Alternez 2 minutes de course et 1 minute de marche pendant 20 minutes, sur terrain plat.
- Laissez 48 heures avant la séance suivante. La douleur ne doit pas dépasser 2 sur 10 pendant l’effort ni augmenter le lendemain matin.
- Ajoutez 5 minutes par séance jusqu’à courir 30 minutes en continu.
- Réintroduisez les accélérations, puis les côtes. Gardez les descentes longues pour la dernière étape, après deux semaines sans réaction.
Contrôlez aussi la charge d’entraînement. Une hausse simultanée du kilométrage, du dénivelé et de la vitesse surcharge vite l’arrière du genou. Ne modifiez qu’un paramètre par semaine. Conservez vos chaussures habituelles lors de la reprise au lieu de changer en même temps de modèle, de hauteur de semelle et de terrain.
Si une douleur réapparaît pendant la séance et modifie votre foulée, arrêtez la course et revenez au dernier volume toléré. Une boiterie, même légère, montre que la charge dépasse la capacité du moment. Le bon protocole n’est pas celui qui fait serrer les dents, mais celui qui permet d’enchaîner les semaines sans gonflement ni perte d’amplitude.





